Un master unique en Europe

Un master unique en EuropeUne formation originale labélisé ERASMUS +

DYCLAM+ est un programme européen de formation universitaire original et unique labélisé ERASMUS + proposant aux étudiants un  parcours pédagogique à l’Université Jean Monnet (France, semestre 1), à l’Institut Polytechnique de Tomar (Portugal, semestre 2), à l’Université Babes Bolyai (Roumanie, semestre 3), à l’Université Federico II de Naples (Italie, semestre 4 et cours délocalisés) et de nombreux partenaires associés.

Au terme de ces deux années d’étude et de mobilité, les étudiants auront les connaissances et compétences indispensables pour travailler dans des ONG (Europa Nostra, Bouclier bleu, Traditions pour demain…), des institutions internationales de valorisation, expertise et sauvegarde du patrimoine et du paysage culturel (UNESCO, UICN, ICOMOS…), dans des collectivités territoriales, des sites patrimoniaux ou des entreprises privées (ICONEM).



Comprendre la mondialisation du phénomène patrimonial

Les conflits du début du Troisième millénaire ont révélé l’enjeu géopolitique majeur que représente le Patrimoine : symbole attaqué en tant que tel, source de revenus illicites, facteur de tensions. La destruction de l’Arche de Palmyre a provoqué une émotion universelle. La vandalisation, l’instrumentalisation ou la privation du Patrimoine (matériel ou immatériel) ne sont pas un fait nouveau. Sans remonter au Sac de Rome de 390, sait-on qu’un rapport a été remis à la ministre française de la Culture en mars 2017 sur « les provenances d’œuvres récupérées après la Seconde Guerre mondiale », suite à la spoliation nazie des biens culturels européens ?

Dans un contexte géopolitique instable, l’enjeu patrimonial peut devenir une crise diplomatique majeure avec retentissement mondial : on vient de le voir avec le patrimoine de la ville d’Hébron qui a abouti à la remise en question du statut de Jérusalem. Si l’on prête volontiers au patrimoine des vertus de résilience, il peut également être une source de crispations identitaires. À l’été 2017, la crise de conscience historique des Américains autour des monuments commémoratifs de la guerre de Sécession a créé une onde de choc qui s’est répandue en Europe, au Canada et dans le monde.

La Communauté internationale a donné deux signes forts qui révèlent une prise de conscience de l’enjeu patrimonial : le jugement historique de la Cour pénale internationale (septembre 2016) condamnant le responsable de la destruction des mausolées de Tombouctou et la « Déclaration d'Abou Dhabi » (décembre 2016) sur la protection du patrimoine « en péril ».

Aux tensions géopolitiques qui affectent le patrimoine et les paysages culturels s’ajoute la complexité de leur gestion du fait des conflits d’intérêt potentiels : la logique des externalités économiques peut constituer une menace pour l’intégrité du bien ; une mise en tourisme incontrôlée peut engendrer un bouleversement sociologique de l’environnement ; les vertus de résilience et de réconciliation que l’on prête au patrimoine peuvent également susciter des crispations identitaires (par exemple le pont de Mostar) ; la préservation des biens culturels et leur « restitution » du fait de la demande actuelle des pays extra-européens (annonce du président Macron à Ougadougou, novembre 2017).

Il faut désormais dépasser la notion de « patrimoine mondial » pour tenter de prendre en compte à la fois le processus de mondialisation du phénomène patrimonial et le développement d’un patrimoine de type communautaire, voire identitariste.

Un certain nombre de questions ont été posées par les experts de l’UNESCO, ICOMOS et UICN, les praticiens des musées, les spécialistes de la reconstitution 3D (ICONEM), des sites UNESCO et patrimoniaux et les décideurs politiques qui nous obligent à former des gestionnaires et experts en patrimoines en prenant en compte ces nouvelles dimensions de diplomatie culturelle, de négociations et de connaissances géopolitiques et juridiques à différentes échelles. Il s’avère aussi désormais essentiel et indispensable de donner les moyens aux futurs professionnels d’agir en utilisant les outils numériques de conservation, de sauvegarde, gestion et de valorisation durable.

 

(Crédits photo: ICONEM)