Perspectives professionnelles

Perspectives professionnellesDes compétences uniques recherchées

Le programme a été élaboré pour permettre un apprentissage progressif par l’étudiant au cours des quatre semestres et leur donner les moyens d’analyser, de comprendre et d’agir. Les cinq grandes Unités d’Enseignement (Concepts et enjeux épistémologiques, Connaissances institutionnelles et juridiques, Outils dynamiques du projet interculturel, Analyse et management des risques et des conflits, Médiation et remédiation numérique et humaine, puis le S4), couvrent plus particulièrement 6 domaines fondamentaux :

Le fait patrimonial et le paysage culturel

L’équipe DYCLAM+ possède une grande expertise sur la question du paysage culturel. Le fait patrimonial doit être étudié en prenant en compte toutes les interactions anthropiques et naturelles, mais aussi en analysant les jeux des acteurs. Il doit aussi être appréhendé en fonction des divers contextes culturels. Alors que les formations de ce type ont généralement une vision nationale (voire nationaliste), DYCLAM+ se situe dans une démarche résolument interculturelle. Les étudiants aborderont ce domaine dans les UE1 de chaque semestre afin de comprendre la diversité des approches.

La connaissance juridique du droit national et international des patrimoines

Notre époque a été témoin de l’émergence d’une conscience internationale de l’importance de la culture, suite notamment à l’instrumentalisation du patrimoine dans les conflits et au développement du terrorisme culturel. Le système de coopération internationale qui en résulte a donné naissance à une nouvelle branche du droit international : le droit international de la culture et du patrimoine. Ce droit est typiquement un « droit de la coopération » qui, abandonnant la pure logique synallagmatique, met en valeur la solidarité entre les peuples et incarne l’aspiration à un « ordre public international » relatif à la culture. Les cours de l’UE2 Connaissances institutionnelles et juridiques, répartis sur les trois premiers semestres, aborderont notamment la question de la criminalisation des violations contre les biens culturels. C’est l’un des aspects les plus novateurs en matière de protection internationale du patrimoine culturel. L’émergence de la responsabilité pénale internationale des individus en la matière est le résultat d’une profonde évolution de réglementation internationale. La question du droit à la restitution mais aussi la question de l’« exception culturelle» et la diversité culturelle seront analysées.

Les conflictualités, négociations et diplomatie culturelle

Les conflits du début du 3ème millénaire ont révélé l’enjeu géopolitique majeur que représente le patrimoine : symbole attaqué en tant que tel, source de revenus illicites, facteur de tensions. Aux tensions géopolitiques qui affectent le patrimoine et les paysages culturels s’ajoute la complexité de leur gestion du fait des conflits d’intérêt potentiels. La logique des externalités économiques peut constituer une menace pour l’intégrité du bien. Une mise en tourisme incontrôlée peut engendrer un bouleversement sociologique de l’environnement. Les vertus de résilience et de réconciliation que l’on prête au patrimoine peuvent également susciter des crispations identitaires (par exemple le pont de Mostar). La préservation des biens culturels et leur « restitution » du fait de la demande actuelle des pays extra-européens (annonce du président Macron à Ougadougou, novembre 2017) sera un enjeu majeur de la gestion du patrimoine dans l’avenir. Deux types de conflictualités seront étudiés dans DYCLAM+ : les conflits d’usage et les conflits armés. Il s’agit ici de proposer aux étudiants une approche globale des processus de conflits et la gestion complexe qu’ils imposent. Une expertise des types de nouvelles conflictualités est conduite dans l’UE3 Analyse et Management des risques et des conflits. Les méthodes pour gérer et sauvegarder les patrimoines de ce nouveau contexte seront étudiées dans l’UE4 Médiation et remédiation numérique et humaine.

L’usage du numérique

La question patrimoniale de la digital approach pour le patrimoine culturel est cruciale tant pour la conservation et la sauvegarde (« opération Palmyre » par exemple) que pour la mise en scène soutenable (application et nouveaux modes de valorisation 3D). Elle comporte, au-delà des aspects scientifiques, une forte valeur ajoutée économique et touristique. Les équipes DYCLAM+ forment dans le cadre de l’UE4 Médiation et remédiation numérique et humaine à la création de sites Web interactifs, appli mobiles, intégration du patrimoine matériel et immatériel, nouvelles narrations multimédia et transmedia, photos 2D et 3D, ethno-clips pour l’interprétation du patrimoine, serious games, usage des CMS et médias sociaux, scan 3D, BIM ou encore reconstitutions 3D. Les travaux de nos partenaires privés, tels ICONEM (reconstitution de Palmyre en 3D grâce à des captures photographiques réalisées par drones), et l’UNSOAT (documentation filmique et photographie par satellite) ont ouvert la voie vers ce type de valorisation dont la connaissance est indispensable pour les étudiants qui vivent de plus en plus dans un environnement numérique et qui sont en demande.

L’interculturalité

L’interculturalité et la transdisciplinarité peuvent être définies comme des méthodologies permettant de penser entre les cultures. À ce titre, DYCLAM+ organise durant les différentes UE5 des cours et travaux permettant d’appréhender les patrimoines et paysages culturels par des projets collaboratifs en bénéficiant des cultures différentes dont chaque étudiant est porteur. Il s’agit de valoriser et d’intégrer dans le process pédagogique les apports identitaires et expérientiels des étudiants. En favorisant la maîtrise de plusieurs langues européennes, DYCLAM+ répond à un besoin identifié par la Commission européenne et affiché comme gage d’excellence.

La gestion complexe et intégrée des territoires

Partons d’un exemple concret pour comprendre l’importance des missions de nos futurs étudiants et la nécessité de les former à la gestion complexe et intégrée des territoires. Sian Ka'an Mexique (“le don du ciel”) est une réserve biosphère inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1987. Le patrimoine culturel vivant de ce paysage est indissociable de sa signification mais il doit aujourd’hui faire face à des problèmes de développements sociaux et économiques (pauvreté, perte de culture, perte de langue autochtone, émigration…). Pour sauver et préserver cet héritage il faut mettre en place un développement du territoire par le patrimoine, en encourageant le dialogue. Cette spécificité demande aussi bien des compétences pour évaluer de manière préventive les projets et formuler des modalités de gestion / gouvernance qui prennent en compte « les comportements » des différents acteurs, pas forcément rationnels ou soucieux de la tutelle des valeurs attestées. Un chargé de projet formé dans un Master comme DYCLAM+ aurait pu agir grâce aux compétences et aptitudes acquises en gestion complexe et globale des territoires (GIT, CLR, négociation…). Ces différents modes de gestion et de développement de projet sont étudiés de manière progressive et complémentaire lors des UE2, UE3 et UE4 de chaque semestre.

L’organisation générale des cours utilise des activités pédagogiques qui, par leurs méthodes et leurs résultats, ont fait leur preuve : cours, séminaires, ateliers, workshops de terrain, travail en groupe avec modérateur universitaire ou professionnel ou « grands témoins ». Les étudiants ont accès, pendant leurs formations à 4 pays qui collectivement possèdent la plus grande expertise sur la gestion du patrimoine. En effet, l’Italie, la France, le Portugal et la Roumanie totalisent à eux seuls 20% des patrimoines UNESCO. Ils offrent une extrême diversité de type de sites tant par leurs natures que par leurs échelles. Enfin, ces 4 pays sont directement confrontés à différentes problématiques en lien direct avec la gestion complexe et conflictuelle du patrimoine. DYCLAM+ porte et transmet cette expertise à travers son enseignement et en fait bénéficier ses étudiants, ses universités partenaires et à travers elles, leur pays et les aires culturelles dans lesquelles elles s’inscrivent. Les 14 universités partenaires associés (Laval au Canada, Stephen Austin aux États-Unis, Sao Paulo au Brésil, Dakar au Sénégal) apportent aux cours et exercices de terrain (immersion professionnelle facultative entre les deux années, proposition de stage ou de sujet de recherche) une expertise dans des champs disciplinaires et théoriques complémentaires.

Au terme de la formation, les étudiants posséderont les compétences et aptitudes suivantes :

Unités d’Enseignement (UE)

Compétences et aptitudes

UE1 Concepts et enjeux épistémologiques

-   Connaître les enjeux socio-historiques et les problématiques épistémologiques des biens culturels et de la gestion mémorielle

-   Identifier les dimensions intangibles du patrimoine et du paysage

-   Maîtriser les fondamentaux de la diplomatie culturelle

-   Posséder les savoirs essentiels pour analyser les mouvements de tensions et de crises contestataires

-   Reconnaître les éléments constitutifs du paysage culturel matériel et immatériel

-   Découvrir des contextes spécifiques : paysages et patrimoine européens, africains, asiatiques et des mondes atlantiques

UE2 Connaissances institutionnelles et juridiques

-   Appréhender les règles juridiques et les paramètres économiques du domaine

-   Maitriser des outils économiques et de marketing des projets culturels

-   Comprendre le fonctionnement des institutions ou organismes internationaux et nationaux

-   Connaître le droit européen et international du patrimoine

-   Posséder les savoirs et concepts essentiels dans les sciences patrimoniales, de l’aménagement et de la gestion du territoire, de l’environnement et des patrimoines naturels et culturels

-   Mettre en pratique la Gestion Intégrée des Territoires sur le territoire

-   Connaître les enjeux et outils de développement touristique et gérer les acteurs du tourisme

-   Etre capable de monitorer un projet

-   Savoir mettre en place un contrôle qualité et un réseau d’experts dans le domaine

-   Apporter une expertise sur des problématiques liées aux interactions sociétés/enjeux politiques/ environnement

-   Être opérationnel en modélisation des solutions pour aménager le territoire

-   Analyser les politiques culturelles et patrimoniales en Europe

-   Maîtriser les fondamentaux des relations internationales

-   Être capable de développer des projets européens et de répondre à des appels d’offre pour des fonds structurels

UE3 Analyse et management des risques et des conflits

-    Connaître les sciences de la culture du risque

-    Posséder les instruments d’analyse des nouveaux types de conflictualités

-    Étudier les impacts des conflits sur les patrimoines et le rôle des patrimoines dans les conflits

-    Se familiariser avec les concepts et les enjeux de la géopolitique

-    Appréhender les dimensions politiques, symboliques et techniques de la restitution des biens culturels mal acquis et la question de la recherche de la provenance 

-    Mettre en pratique la Gestion Intégrée des Territoires sur le territoire

-    S’ouvrir à d’autres champs disciplinaires que son champ de formation initiale, pour réaliser des programmes de recherche et de développement pluri- et interdisciplinaires

-    Acquérir des savoirs théoriques et procéduraux pluridisciplinaires afin de pouvoir appréhender la complexité des projets pluridisciplinaires

UE4 Médiation et remédiation numérique et humaine

-    Maîtriser l’impact des Digital Humanities et des nouveaux médias sociaux sur les politiques et les pratiques patrimoniales et culturelles 

-    Savoir instruire et communiquer sur un projet (outils, méthode et savoir-être)

-    Connaître les sciences de l’aménagement, de la conservation et de la restauration et réhabilitation

-    Posséder les outils et l'éthique de la communication sociale des données culturelles

-    Utiliser des outils numériques de valorisation et de sauvegarde (SIG, TIC, réalisation de plans et applications dont 3D)

-    Acquérir des méthodes d’enquêtes et d’analyse de données

-    Produire des données qualitatives et quantitatives dans les champs disciplinaires couverts par DYCLAM+ (données sociales, géo-référencées, technico-économiques…) et les exploiter (traitement et analyse)

-    Être sensible aux problèmes d’éthique dans les relations avec les sociétés locales

-    Maîtriser l’art de la négociation en milieu local et international en tenant compte des dimensions culturelles

-    Être capable de communiquer dans un contexte international

UE5 Outils dynamiques du projet interculturel

-    Formuler un diagnostic SWOT pour un projet de développement durable

-    Connaître les outils et méthodes de travail en interculturalité

-    Posséder un bagage plurilinguistique et pluriculturel minimal en anglais, français, portugais, roumain et italien

-    Élaborer et transmettre un projet culturel et patrimonial dans un contexte transnational

-    Être capable d’appliquer la méthodologie de travail interculturelle

-    Monter un réseau de spécialistes capables de répondre aux exigences de valorisation du patrimoine et des paysages culturels

-    Maîtriser la mise en valeur de son cursus, CV, potentiel personnel

-    Identifier les méthodologies nécessaires à des études ou projets scientifiques liés aux problématiques environnementales, et mettre en œuvre les méthodes de recherche, de recueil et d'analyse de données pertinentes et nécessaires à la conduite de ces études ou de ces projets scientifiques pluri- ou interdisciplinaires

-    Restituer et valoriser les données et résultats obtenus en s’adaptant au public cible (rapports d’étude, publications scientifiques, plaquettes, etc.)

-    Assurer une veille sur l'information scientifique, technologique, technique, réglementaire

-    Travailler au sein d’une équipe à compétences multiples

Semestre 4

-    Savoir s'intégrer dans une équipe nationale ou internationale

-    Développer la culture du projet et/ou les bases de la recherche- action

-    Apprécier les contraintes techniques et les risques pour mettre en œuvre des solutions adaptées

-    Mettre en œuvre autonomie et pratique du travail de terrain auprès de populations rurales ou urbaines du Nord ou du Sud, qualité d’écoute, sens du contact, respect de l’autre

-    Être capable de synthétiser des données d’origine variée (résultats d’enquêtes, littérature scientifique et de vulgarisation, données iconographiques et sonores, données écologiques et géographiques) et de rédiger des rapports scientifiques

-    Concevoir et mettre en œuvre un diagnostic interdisciplinaire d’un territoire

-    Pouvoir gérer un projet de son initialisation à son achèvement